La démarche E3D, comment faire ? Compte rendu de la table ronde - Forum EDD 91

, par David Guillerme

4 tables rondes ont été organisées lors du forum académique EDD du 27 mars 2013. 3 ou 4 établissements scolaires, le plus souvent 2 écoles et un collège ou un lycée, accompagnés d’un représentant du partenaire avec lequel ils ont conçu leur projet, ont exposé leur travail et répondu aux questions de l’assistance.

Comment passer d’un projet d’EDD à une démarche globale de développement durable au sein de l’établissement ?

 Participants

Animatrice : Françoise RIBOLA, IA-IPR SVT

EtablissementsEnseignantsProjetsAssociations/PartenairesReprésentants
EE Louis Babin Saint-Germain-les-Arpajon Patrice Ducrou ECO ECOLE - Biodiversité - Déchets - Eau SoliCités Michel Mombrun
CLG G. Budé à Yerres Astrid Combes et Monsieur Le Principal Thierry Cornillault Espèces menacées, comprendre et réagir
Lycée Léonard de Vinci à St-Michel-sur-Orge Jean-Luc Saunier et Cyrille Roullière Permettre à l’élève de réussir son parcours scolaire dans une démarche de développement durable Région Île-de-France Unité Lycées - Direction de la programmation pédagogique et patrimoniale - Service qualité environnementale des lycées Édouard Lemaire Technicien chargé de mission lycées ECO-responsables-Conseil Régional Ile de France
Délégation au Développement durable et solidaire Chrystelle Touzeau

 Déroulement

Les représentants de chaque établissement scolaire, accompagnés du partenaire avec lequel le projet a été construit, ont présenté les différentes étapes de l’élaboration d’une démarche globale de développement durable au sein de leur établissement. Lors de leur développement, ils ont évoqué le projet initial d’EDD, l’implication des élèves ainsi que de l’ensemble de l’établissement et surtout l’importance du partenariat indispensable à la réussite d’une démarche globale dans leur établissement.
Les problématiques communes de ces projets sont de développer un partenariat qui transcende le projet d’un enseignant en un projet plus complexe ayant pour finalité une démarche globale qui vise à impliquer l’ensemble de l’établissement.

 Pour découvrir les projets en détail

Ecole élémentaire Louis Babin de Saint-Germain-les-Arpajon
Depuis 1999, l’école participe à l’opération Essonne verte-Essonne propre. En 2009, afin de redynamiser son action et retrouver du sens au projet, deux classes s’engagent dans une action pédagogique en partenariat avec la SIVOA pour monter des classes d’eau. L’intervention d’animateurs spécialisés dans les différentes disciplines permet d’aborder tous les grands aspects de la gestion de l’eau. A la fin de l’année, se pose la question de comment mettre en cohérence cette action avec l’ensemble de l’établissement et ainsi impliquer toutes les classes. A la rentrée 2010, M.Ducrou lance alors la réalisation d’un « espace nature » qui serait pour les élèves de tous les niveaux et transversal à toutes les disciplines. Il est composé d’un jardin pédagogique avec composteur et d’une mare avec récupérateur d’eau de pluie. Il est tout de suite intégré au projet d’établissement. Avec le soutien de Solicité, l’école obtient le label d’éco-école et travaille pour la 3e année sur un thème défini associé à une action (cette année, l’alimentation).

Collège G. Budé, Yerres
Le professeur documentaliste Astrid Combes a crée un club écolo qui a travaillé sur l’économie d’énergie et crée une mascotte (Mario l’écolo). Ce personnage sensibilise les élèves par des slogans affichés dans tout l’établissement. L’action s’est étendue au recyclage de différents produits. Le club est un vrai succès car son nombre de participants n’a cessé de croître atteignant les 50 membres aujourd’hui. La deuxième année du club a vu naître un projet de BD où Mario est le personnage principal. Sa réalisation a nécessité un important travail de recherches et de rédactions de dialogues par les élèves. Cette BD fut éditée en 500 exemplaires et l’argent récoltée par la vente permit l’achat de récupérateurs d’eau de pluie envoyés en Afrique par le biais d’une association suédoise. La communauté toute entière est investie puisque l’intendant et le personnel d’entretien participent. Toutes les productions sont exposées à la médiathèque de la commune. Soutenu par le chef d’établissement, Astrid aspire à l’obtention du label éco-école. La création prochaine d’éco-délégués participera encore davantage à faire de ce projet un élément fédérateur au sein de l’établissement.

Lycée Léonard de Vinci, St-Michel-sur-Orge

Le projet initial concernait le travail d’élèves sur les expéditions du bateau Tara. Ces derniers, de plus en plus intéressés et investis, veulent poursuivre leur démarche et se faire connaître. Ils lancent alors les journées du Développement Durable et des énergies renouvelables. Tout le monde y participe, y compris l’Administration. La Région intéressée propose alors que le lycée soit pilote en tant que lycée éco-responsable. Le lycée est équipé d’une salle pilote en économie d’énergie. La première année, les BTS dressent un diagnostic avec la gestionnaire de l’établissement. Les enseignants choisissent d’utiliser le lycée comme cas concret dans leur enseignement. Enfin, cette classe, lors de temps forts, sensibilise l’ensemble des élèves par des expositions. alors que la région mandate une entreprise. Dans ce partenariat, une clause sociale stipule que l’entreprise doit prendre des élèves en stage. Certains obtinrent même un emploi. Le projet permet bien une valorisation de tous et fédère autour de lui l’ensemble de la communauté de l’établissement.

 Pour découvrir les partenaires et leurs propositions

SoliCités
Arene Ile-de-France
Eau, Seine, Normandie
NatureParif
ADEME

 Bilan de la table ronde

  • Les projets présentés ici visaient à mettre en valeur le partenariat, quel qu’il soit : département, région, associations, entreprises...
  • Le partenaire apporte une plus-value au projet dans le sens où il représente un garde-fou car il offre aux enseignants un regard sur leurs pratiques et permet un recadrage parfois nécessaire.
  • Ces projets privilégient les contacts humains par des visites du partenaire à travers des animations. A cette occasion, il dispense aussi de nombreux conseils ; ceci en complément des ressources numériques.
  • Le partenariat exige une qualité du rendu et une rigueur en respectant les impératifs de temps par exemple.
  • Le partenariat n’est pas que financier. Il apporte aussi un savoir et un soutien moral à des élèves décrocheurs.
  • Tous les projets sont partis d’un club ou de projets touchant une classe et le plus souvent un seul enseignant.
  • Progressivement vient l’envie des élèves, dont leur projet aboutit et motive, de gagner en envergure et de se faire connaître.
  • Les projets se complexifient alors en touchant l’ensemble des élèves soit par une sensibilisation lors d’une journée événement ou par des campagnes de communication, soit en montant un projet qui toucherait des enseignants et donc des classes pour les écoles élémentaires par exemple.
  • Ces projets donnent de la cohérence au projet d’établissement. Ils doivent être transversaux et fédérer donc l’ensemble de la communauté éducative des établissements concernés : élèves, administration, enseignants, service technique...
  • La venue d’élus dans l’établissement ou la remise de prix finit de mettre en valeur les élèves et leur action. Ainsi, est reconnue leur implication au sein de l’établissement et la qualité de leur travail.
  • L’obtention des labels éco-école ou lycée éco-responsable apportent à l’établissement concerné une visibilité et un rayonnement plus étendu.

Aubin Khalifa, Professeur ressource et formateur EDD

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